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Palombe&tradition N°81

Numéro d'Hiver

2023

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SOMMAIRE

    4    L’écho des Cabanes…
   10    Dossier migration 2023 
           -10 - Bilan : Des bleues à l’âme
           -20- Italie : Une saison en tout ou rien
           -22- Les palombes vont-elles continuer à migrer ?
           -24- Les paloumayres racontent leur migration
   31    Palumbus ComMix
   32    Calendrier 2024
   35    Auprès de nos arbres - l’impact des populations inféodées 
           à un milieu sur ce dernier
   36    Histoire - Les colombins, des oiseaux à questions
   38    Législation - L’utilisation du plomb autour d’une zone humide
   39    Tribune libre - Modernité et éthique
   40    Cartouches - 3 munitions spéciales zones humides à l’essai
   42    Initiative - Le succès de l’aventure LibAir’Nay
   46    Paroles DE PALOUMAYRES - Alexi Suhubiette, 
           la passion de l’oiseau bleu
   48    Autour d’elles... - La chasse est un art... et tout art est patience
   50    Anecdote - Charmeur de palombes
   52    Chiens - Le meilleur chien ne naît pas bécassier, il le devient !
   54    « La Tête dans le ciel... » - Il était venu du Nord !
   58    LES RECETTES DU PALOUMAYRE - Bécasse aux agrumes

Nouveau

Edito

Du pire au meilleur...

D

                   ans l’édito du précédent magazine, je m’étais transformé en un doux rêveur, développant ma journée idéale à la palombière...
 
La réalité nous a malheureusement bien vite rattrapés. La palombe, notre belle palombe, celle que nous attendions de pied ferme, ancrés dans de fabuleux souvenirs de la saison passée, est bien venue nous voir certes, mais quelle visite !
Les conditions météorologiques de cet été étant similaires à celles de l’an dernier, on était en droit d’imaginer assister au déferlement du fameux « train d’oiseaux bleus » qui faisait les gros titres de notre magazine. C’était sans compter sur une météo pourrie et sur un vent résolument orienté du sud à l’ouest, sur l’ensemble de la saison.

Quelques paloumayres ont réussi, mais la majorité d’entre eux ont vécu leur pire année. La belle bleue n’est pas fautive, elle s’est tout simplement adaptée à cette situation inhabituelle.


Nous pouvons nous poser la question suivante : au niveau migration, cette saison a-t-elle été si différente de la précédente ? Bien sûr, nous avons subi ces températures estivales et ces tempêtes successives. Il est très probable que cela ait eu une forte incidence sur la réussite des cabanes. Cependant, après analyse, vous verrez qu’en termes de chiffres et de pics, cette migration est relativement semblable à celle de 2022. L’une des seules différences notables tient au fait qu’elles n’ont pas franchi les Pyrénées, du moins au moment voulu.

La population palombe est abondante : beaucoup d’entre nous ont pu le vérifier. Mais au vu des chiffres comptabilisés aux cols, va-t-elle continuer à migrer ? Même s’il n’a pas de boule de cristal comme notre prévisionniste de la migration Jean-Patrick Barnabé, Hervé Lormée, le spécialiste des colombidés à l’Office Français de la Biodiversité, peut nous éclairer sur le sujet et il est intéressant de prendre connaissance de ses écrits.


Nous avons parlé du pire. Mais il est bon de savoir qu’il existe du meilleur. L’opération de baguage initiée par François Nay et Julien Combot a été effective à partir de fin septembre. Dès le début, cette action, dénommée LibAir’Nay, a déclenché un formidable engouement au sein de la communauté des paloumayres. Les demandes de participation ont afflué, à tel point qu’il a été nécessaire, à quatre reprises, de renouveler le stock de bagues. Le partage a été entier, des anciens aux plus jeunes, tous ont été intéressés. Ils ressentaient un vrai bonheur quand l’oiseau bleu reprenait sa liberté. Ceci a été une véritable récompense quant à l’effort important de mise en place et de gestion de cette opération. 

La réglementation concernant l’utilisation de munitions au plomb autour des zones humides était encore un peu floue en septembre dernier. Nous avons voulu clarifier un peu ce sujet. A ce niveau, Jean-Patrick Barnabé a réalisé un véritable essai de trois cartouches chargées avec différents substituts de la matière plomb. Les conclusions sont également très variées.

 

Pire ou meilleur ? Ne retenons que ce qui est positif… les moments de convivialité que l’on a partagés, le débriefing au bistroquet du petit matin, les nouvelles rencontres, les interminables débats où chacun a raison, la fabuleuse complicité avec son chien, son espion ou un de ses appelants, cette palombe baguée qu’on a relâchée avec un copain. Et puis cet inconnu, les yeux rivés vers le ciel, en mémoire de ce meilleur ami parti trop tôt… 
La chasse à la palombe n’est qu’un alibi, un moyen de rapprocher les hommes… finalement un Beau Prétexte Bleu !

Joël Barberin, Directeur de la publication

- Migration 2023 -
Des bleues à l’âme

Du vent, de la pluie, des tempêtes, des palombes qui ne posent pas. On n’est pas près d’oublier la migration 2023, tant les éléments ont été contre les paloumayres. Quel coup de bambou, après avoir vécu l’apothéose de 2022 !

©  Photo Ch. Coularis
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"La migration 2022 restera dans les annales comme exceptionnelle en densité et en intensité », voilà comment notre regretté Pierre Verdet commençait son bilan migratoire. Il a dû bien se tordre de rire en voyant de là où il est, le bourbier de la migration 2023, et tout en sachant que la patate chaude qu’il laissait était tombée entre mes mains. Tu as dû aussi parfois galérer pour faire la synthèse d’une saison ! Désolé Pierre ! Je prends le relais… après bien des nuits d’insomnies, voici le bilan.
La majorité des paloumayres sont dépités par cette saison atypique qui a commencé avec de la crème solaire et qui a fini avec des waders, le tout assaisonné d’un vent de Sud/Sud Ouest quasi permanent et de deux tempêtes successives. Très peu ont réussi leur saison.
La plupart d’entre eux n’ont pas atteint la moitié des prélèvements d’une saison normale, parfois même à peine un tiers. Que s’est-il passé ?

La grande attente

Les douze premiers jours d’octobre (nous ne parlerons même pas de fin septembre) peuvent se résumer par des milliers de paires d’yeux impatients scrutant le ciel dans l’espoir de se divertir sous des températures insupportables avoisinant les 30°. On se demandait si le froid allait arriver cette année.

Au cours de la journée, beaucoup de paloumayres démontaient tôt afin de préserver les appelants de ces chaleurs. De toute façon, rien ne bougeait et les seules petites volées qui avaient bien voulu montrer le bout de leurs ailes ne prêtaient guère attention aux appelants.

Les 11, 12, 13 et 14 octobre, on assistait aux prémices d’une migration qui s’amorce. En effet, on annonçait des grives dans le Tarn, des grives et des petits oiseaux sur Lantabat, de gros arrivages dans le Pas-de-Calais, des grives et des alouettes sur la Corrèze…

En même temps, les palombes semblaient être arrivées en nombre sur la frontière Belge et dans le Doubs : « Ici ! c’est tout bleu, je n’ai jamais vu ça, les champs de blé vont souffrir ! Des nuages entiers de la belle bleue s’abattent sur les semis nouvellement installés ! Les détonations de nos armes ne suffisent pas à les faire partir ! Elles se reposent 50 m plus loin ! » racontait un internaute du nord de l’Aisne sur les réseaux sociaux. Il ajoutait : « Nous devons faire appel aux chasseurs volontaires pour nous aider ! Une réunion des agriculteurs a eu lieu pour trouver une solution : Ils seraient prêts à faire leur pleins d’essence pour les chasseurs qui viennent de loin ! »
Sur les crêtes vosgiennes, Didier Malibas, bien connu des paloumayres connectés, annonçait plus de 100 vols et plus de 20 000 oiseaux, tout en [...]

 - Interview -
Les palombes vont-elles 
continuer à migrer ?

©  Photo Ch- Coularis
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Hervé Lormée, le spécialiste des colombidés à l’Office Français de la Biodiversité, (OFB), nous donne son sentiment sur l’hivernage 2023 et sur l’évolution du comportement des palombes.

P&T : Après cette migration très atypique, que vont-elles faire maintenant?

Hervé Lormée : « Dans le sud-ouest, qui est l’une des principale zone d’hivernage, Il semblerait que cette année, si j’ai bien compris,  les dérogations pour le maintien des chaumes de maïs après récolte soient terminées. 

Classiquement, une année comme celle-là, ça joue sur la distribution des oiseaux. Ça ne veut pas dire qu’ils ne viennent pas hiverner dans la zone mais simplement que la distribution peut varier. 

Par exemple, les années où il y a beaucoup de maïs disponible et pas forcément une grosse glandée, les oiseaux seront dans les zones forestières pour les dortoirs et ensuite, ils iront se concentrer sur les zones agricoles pour s’alimenter. Dans ce cas-là, vous allez voir d’énormes vols en journée dans les maïs. 

Si par contre, vous avez une année où il y a peu de maïs et plus de faînes ou de glands, les oiseaux vont être beaucoup plus dispersés au moment de s’alimenter. Ils ne se concentrent pas dans la zone agricole et au contraire, ils vont un peu se disperser sur les massifs forestiers. Donc, ils sont un peu moins visibles, on les aperçoit moins. Ça donne l’impression qu’il y a beaucoup moins d’oiseaux, alors que ce n’est pas forcément le cas, leur distribution est simplement différente.  

De toute façon, ce sont des oiseaux qui peuvent à priori faire preuve d’une certaine plasticité. Donc, s’il n’y a pas de nourriture là où ils sont habituellement, ils vont bouger. Maintenant, est-ce qu’ils vont aller en Espagne un peu plus tard ?  [...]

About

- Initiative -
Le succès de l'aventure LibAir'Nay

Dans le numéro précédent de Palombe&tradition, Julien Combot et François Nay, son compagnon de cabane, lançaient une bouteille à la mer. Ils avaient le désir de créer un réseau de Paloumayres qui voudraient participer à une opération de baguage. Dans son article, Julien avait l’espoir de réaliser une phase de test sur une dizaine de cabanes. La réalité a dépassé de loin toutes ses espérances.

Une fois qu’il a renouvelé ses appelants et dépanné quelques amis, François Nay relâche systématiquement toutes les palombes qu’il attrape. Depuis longtemps, il se disait que c’était un peu bête de ne pas joindre l’utile à l’agréable en les baguant. Ayant mordu aux arguments de son compère, Julien cherchait, depuis, des bagues avec un marquage particulier afin qu’elles soit uniques et facilement identifiables.

La naissance de la bague

Début août, il y a donc 4 mois, je reçois l’article de Julien en vue de  sa parution dans le numéro 80. En lisant son papier, je trouve l’idée géniale. Il m’en avait bien déjà parlé avant, mais honnêtement, j’avais un peu survolé le sujet. 
La conjoncture autour de l’utilisation des filets étant comme chacun le sait compliquée, j’ai pris ce problème de bague « à bras le corps », il fallait absolument lancer cette opération cette saison. Il fallait que ce soit facile, ludique et que les résultats soient disponibles et accessible à tous. J’ai donc contacté Jean-Michel Lozano, un ami, bien connu des sauvaginiers pour ses bagues souples d’attelage réalisées en impression 3D. Je savais que ses 3 ans d’expérience dans le domaine de la bague ne serait pas de trop pour que le projet naisse rapidement.
Ce fut le cas, le 11 août, je lui envoyai un croquis de ce que j’imaginais, le 13 août, il avait fait une première version très aboutie et le 15 août, une version quasi
 [...]

©  Photo L. Bernède
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- Cartouches -
3 munitions spéciales zones humides à l’essai

Maintenant que les choses semblent plus claires quant à l’utilisation de la grenaille dans ou hors des 100 m bordant une zone humide, nous avons pensé que beaucoup de chasseurs concernés devaient se demander ce qu’ils allaient pouvoir utiliser comme cartouches.

Nous nous sommes comportés comme le chasseur lambda, en passant chez un armurier, à priori bien achalandé. Nous lui avons demandé ce qu’il avait en grenaille sans plomb pour tirer des palombes au posé à la palombière. Nous lui avons précisé que jusqu’à aujourd’hui nous utilisions trois  types de cartouches :
Une bourre grasse en 32 g, plomb 6, pour tirer sans trop les abîmer les palombes posées à moins de 20 m.
Une cartouche classique, en bourre à jupe, en 34 g de plomb 6 pour les tirs entre 20 et 35 m.
Une cartouche plus élaborée ou même spécialisée en bourre à jupe, en 36 g de plomb 6 pour les tirs au-delà des 35 m.
L’armurier nous a conseillé :
Pour les tirs à courte distance, nous avons pris des MARY-ARM-STEEL 29 qui sont chargées en 29 g de billes d’acier nickel, mélange 5 et 6 contenus dans une bourre spécial acier qui protège les canons. Ces cartouches doivent être tirées dans des armes chambrées à 70 mm dont l’épreuve est égale ou supérieure à 930 bars. Elles peuvent être utilisées dans tous les chokes. Elles sont vendues pour une portée maximale de 37 m.
Pour les tirs à distance moyenne, il nous a conseillé des ROTTWEIL COPPER UNLIMITED 70 mm, chargées en 34 g de n°6 en grenaille de cuivre. Il est conseillé de les tirer dans des canons spécial bille d’acier et des armes éprouvées à 1050 bars.
Pour les tirs à longue distance, nous avons pris des MARY-ARM-TUNGSTEEL chargées en 34 g avec un mélange Tungstène en n°4 et acier Nickel n°5. La cartouche est munie d’une bourre spéciale acier ce qui permet de la tirer dans tous les canons chambrées à 70 mm et dans une arme éprouvée à au moins 930 bars. Elle est vendue pour une portée [...]

©  Photo DR
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