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Palombe&tradition N°90

Numéro du PRINTEMPS

2026

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SOMMAIRE

4   L’ÉCHO DES CABANES…

7   L’ÉCHO DES ASSOS…

10   TEMPÊTE NILS

      10 - La forêt et les palombières à nouveau meurtries

      14 - «Ça donne la boule au ventre»

16   ITALIE - Le pigeon ramier et ses sous-espèces

18   DOSSIER - L’énigme des roussettes

26   BALISES - La vie secrète de nos belles bleues

29   Palombus Commix

30   Le coin du bibliophile

31   ROMAN - LEKERLY, ma vie en bleue

35   Palombe en P(r)ose

36   HIVERNAGE - Instabilité et mobilité

38   PAROLES DE PALOUMAYRES - Yoan Cadeillan perpétue la tradition

40   AUTOUR D’ELLES... - Choisir ses priorités

44   PASSION - Pêcheur, chasseur, cueilleur: des passions souvent liées

52   ANECDOTE - Les couvercles de camembert

54   CHIENS - La succession: Un acte délicat

56   «LA TÊTE DANS LE CIEL...» - La centième de la femme du directeur

60   LES RECETTES DU PALOUMAYRE

Edito

On n’avait pas besoin de ça!

©  Photo DR
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D

ame Nature a encore frappé fort. Après Martin, Klaus et les flammes de 2022, la tempête Nils est venue lacérer nos forêts en ce mois de février 2026. Avec des rafales allant jusqu’à 180 km/h, elle a transformé nos bois en un « magma de branches », couchant des arbres multicentenaires et brisant le cœur de notre tradition : nos palombières.

Pour beaucoup de paloumayres, c’est le coup de grâce. Derrière les fils de fer emmêlés et les cabanes écrasées, c’est un patrimoine et une vie de labeur qui gisent au sol. Mais au milieu de ce chaos, une question s’impose : qui était là pour rouvrir les pistes et dégager les routes ? Ce sont, comme toujours, les chasseurs et les agriculteurs qui ont sorti les tronçonneuses. Pendant ce temps, ceux qui prônent un monde sans chasse, une nature sous cloche et nous harcèlent de procès ont, une fois de plus, brillé par leur absence. Il est bien plus facile de donner des leçons depuis un bureau chauffé à Paris ou à Strasbourg que de manier la tronçonneuse dans une forêt dévastée par Nils. 

Pourtant, malgré la fureur des éléments, la passion reste intacte, portée par l’envie de comprendre notre oiseau fétiche. Cette saison nous a rappelé que la nature est un puzzle mouvant. L’hivernage 2025/2026, avec ses 600 000 oiseaux, a montré un nomadisme exceptionnel. Les palombes bougent, s’adaptent, fuyant là où le garde-manger fait défaut.

Parmi elles, l’énigme de la « roussette » continue de fasciner. Ces oiseaux, avec leurs reflets cuivrés et leur mystère tenace, nous rappellent cette simple vérité : la nature garde toujours une part insaisissable. Entre science, tradition et observation, leur histoire reste une énigme ouverte, un fil fragile qui relie les générations de chasseurs et les secrets du vivant.

La technologie, elle aussi, nous livre des secrets poignants. Grâce aux balises GPS, nous avons suivi heure par heure le destin de nos oiseaux. Si les premières ont succombé à la prédation, l’oiseau « Palombe&Tradition 2 » nous a offert un témoignage unique : lors du passage de Nils, sa balise a enregistré une suractivité folle à 2h du matin. L’oiseau a dû descendre au sol, luttant pour sa survie contre des vents qui couchaient les pins autour de lui. Ces données ne sont pas de simples statistiques ; elles sont la preuve de la fragilité et de la résilience de la vie sauvage.

Aujourd’hui, alors que la plaie Nils est encore béante, et que la question se pose quant à la reconstruction de nos cabanes dans cette forêt meurtrie, nous restons des apprentis face à ces mystères. Mais nous sommes des apprentis qui agissent. Tant qu’il y aura des palombes dans le ciel, il y aura des hommes de terrain pour les protéger, les comprendre et relever le pays après la tempête. Les donneurs de leçons, eux, attendront sans doute la prochaine accalmie pour réapparaître. 

Peut-être un jour comprendrons-nous davantage nos belles. En attendant, continuons à les observer, à nous émerveiller, et à accepter que certains mystères valent mieux qu’une réponse. Car c’est aussi cela, la magie de la palombe. Elle nous apprend à douter, à chercher, et à rester humbles devant l’immensité de ce que nous ne savons pas encore.

Joël Barberin, 
Directeur de la publication

- TEMPÊTE NILS -
La forêt et les palombières à nouveau meurtries

Après le passage dévastateur de la tempête Nils, l’heure est au premier bilan pour les chasseurs de palombes. Entre arbres déracinés, installations broyées et incertitude juridique, le moral des troupes est au plus bas. Si certains secteurs ont été épargnés, d’autres revivent le cauchemar de 2009

©  Photo DR
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Comme si les attaques des détracteurs ne suffisaient pas, Dame Nature a frappé une nouvelle fois. Après Martin en 1999, Klaus en 2009 et les incendies de Landiras en 2022, la tempête Nils a achevé de balafrer les forêts du Sud-Ouest. Au-delà du désastre économique pour la filière bois, c’est le cœur même de la tradition gasconne qui est touché : les palombières, symboles d’un art de vivre, gisent sous les pins brisés et les chênes déracinés.

1999, 2009, 2026 : L’histoire se répète, la forêt trinque

En décembre 1999, la tempête Martin avait dévasté la France, laissant derrière elle un paysage de désolation, notamment en Charente-Maritime, en Dordogne et dans le Médoc. Près d’1 million d’hectares de forêt avaient été endommagés. Les météorologues parlaient alors d’un événement « centennal », une catastrophe si rare qu’elle ne devait pas se reproduire de sitôt.
Pourtant, neuf ans plus tard, Klaus frappait encore plus fort, ravageant le cœur de la forêt landaise, entre le Médoc et le Pays basque. Avec des rafales dépassant 170 km/h sur le littoral, des millions de pins s’étaient couchés, détruisant au passage des centaines de palombières.

Février 2026, Nils a suivi les traces de ses prédécesseurs. Avec des pointes à 180 km/h dans les Pyrénées-Orientales, 162 km/h au Cap-Ferret, 135 km/h au Houga et 125 km/h à Mont-de-Marsan, la tempête a une nouvelle fois touché les zones forestières. Les dégâts sont immenses : des milliers d’hectares de forêt à terre, des routes coupées, des réseaux électriques détruits, des maisons éventrées. Comme en 1999 et 2009, Nils a suivi des « couloirs » capricieux. Sur une rive, les pins sont intacts ; sur l’autre, c’est un chaos de troncs enchevêtrés, un « magma de branches » où les câbles des appeaux se mêlent aux cimes brisées.

Contrairement aux événements précédents, cette fois, la tempête a « profité » d’un sol saturé d’eau par des semaines de pluie pour parfaire son œuvre, contraignant des arbres parfois multicentenaires à s’incliner. Pour les forestiers, déjà en crise, le bilan est catastrophique. Mais pour  [...]

 - DOSSIER -
L’énigme des roussettes

Dans l’univers de la chasse à la palombe, les mystères et les croyances traversent les décennies. Chacun détient sa vérité, mais personne ne possède la clé absolue. Ceux qui pensent détenir, à coup sûr, le savoir palombistique se trompent souvent. Ce qui est vrai dans votre cabane, votre bois, votre élevage, votre canton ou votre département ne l’est pas forcément ailleurs, parfois même pas dans le bois voisin. Il faut savoir regarder plus loin, plus large, plus haut, et accepter de changer d’angle, au-delà de notre propre nombril.

©  Photo N. Hughes
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"Vers la Toussaint, il apparaît une certaine palombe que l’on appelle la Roussette, parce qu’elle a des reflets de couleur brique au poitrail. Elle est très petite. On la considère comme le pronostic de la fin des passages. Certains chasseurs prétendent qu’elle vient de très loin et que c’est pour cette raison qu’elle atteint nos contrées plus tard que les autres. À mon avis, ces palombes, toutes sans collier, sont des palombes de la dernière couvée, et pour ainsi dire des regains.» Ces mots ne datent pas d’hier. Dès 1907, dans La Palombe dans le Bazadais, Tristan Audebert II évoquait déjà ce phénomène. Qu’on les appelle Rousse, Roussote, Roussette, Rouge, Rougette, C a s t a g n o u s e , Papalogorri ou Rosciolo, ces palombes aux reflets cuivrés, roussâtres ou rosés, qui fermaient autrefois la « marche » migratoire, ont longtemps interrogé les paloumayres. Aujourd’hui, elles se font de plus en plus rares en France, même si elles semblent encore présentes en nombre en Italie. D’où viennent ces couleurs si particulières ? S’agit-il d’une mutation génétique, d’une espèce distincte ? Sont-ce uniquement des jeunes, comme on l’entend souvent?

Le constat du Docteur Rocher: la palombe de type 2

En 1979, dans Chasses des palombes et des tourterelles, le docteur Rocher soulevait déjà ce paradoxe. « Pour la science, il n’existe qu’une seule espèce en Europe occidentale : Columba palumbus palumbus. Pourtant, de la Grande-Bretagne à l’Espagne, les chasseurs sont unanimes : un «type 2» existe bel et bien. «Ces oiseaux, arrivant en vols entiers après le 20 octobre, se distinguent par une taille plus réduite et une nervosité extrême, les rendant inutilisables comme appeaux. Plus troublant encore, nombre de ces palombes « rouges » présentent le bec dur et les pattes calleuses des adultes, balayant l’idée reçue qu’il  [...]

About

- HIVERNAGE 2025-2026 -
Instabilité et mobilité

Une saison de contrastes pour la palombe dans le Sud-Ouest: si les effectifs affichent une baisse apparente lors de l’hiver 2025/2026, la réalité du terrain est plus complexe. Entre ressources alimentaires limitées et mobilité exceptionnelle des oiseaux, cet hivernage se caractérise par un nomadisme constant des oiseaux bleus. Analyse d’une saison atypique qui bouscule les habitudes des chasseurs et des observateurs.

L’hivernage 2025/2026 de la palombe dans le Sud-Ouest de la France se distingue par un caractère particulièrement atypique qui tranche nettement avec les dynamiques observées lors des saisons précédentes. Les résultats du recensement hivernal indiquent un total de 617 180 individus comptabilisés en décembre 2025 contre 541 386 en janvier 2026, soit une diminution apparente d’environ 12 % entre les deux sessions de comptage.

Moins d’oiseaux ou une simple redistribution ?

Cette baisse ne doit toutefois pas être interprétée comme une diminution réelle des effectifs hivernants mais plutôt comme la conséquence d’une redistribution spatiale importante et d’une mobilité accrue des oiseaux au cours de la saison. Les contrastes régionaux observés confirment cette lecture. L’Aquitaine présente une forte diminution des effectifs entre décembre et janvier alors que, dans le même temps, les régions de l’intérieur comme Midi-Pyrénées ou le Limousin enregistrent une progression hivernale, traduisant vraisemblablement un déplacement progressif des palombes vers des secteurs plus favorables en   [...]

©  Photo Ch. Coularis
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contact

TEL: 06-72-62-58-17 / contact@palombe-tradition.com
24 rue de la forge 47700 CASTELJALOUX

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